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Elisabeth Guigou: 1957 – 2017 : 60 ans d'Europe

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06 février 2017

Le 25 mars 1957, l'Allemagne, la Belgique, la France, l'Italie, le Luxembourg et les Pays-Bas signaient à Rome deux traités : la Communauté économique européenne (CEE) et la Communauté européenne de l'énergie atomique (CEEA ou Euratom). Cette année, l'Europe fête les 60 ans de la signature de ces Traités fondateurs. A cette occasion, le Cercle des Européens publie une série d'interviews d'anciens Ministres des Affaires européennes. Ils ont été des acteurs de terrain de la construction européenne dont l'expérience est en effet irremplaçable. Elisabeth Guigou a été Ministre déléguée aux Affaires européennes de 1990 à 1993. Elle est députée de la Seine-Saint-Denis et Présidente de la Commission des Affaires étrangères de l'Assemblée nationale. Elle a accepté de répondre à nos questions.



Que vous inspire l’anniversaire de la signature du Traité de Rome ?

Depuis la signature du Traité de Rome, les Européens vivent une aventure historique sans équivalent et sans autre exemple dans l’Histoire. C’est la première fois dans l’Histoire du monde que l’on parvient à bâtir un ensemble politique, encore inachevé bien sûr, de façon démocratique et pacifique. C’est un accomplissement magnifique et que l’on devrait célébrer davantage. Les 60 ans du Traité de Rome sont précisément l’occasion de se remémorer les enjeux mais aussi les défis de la construction européenne depuis son origine et d’en apprécier les réussites.

 

Quelles sont pour vous les deux plus grandes réalisations de l’Europe tant d’un point de vue politique qu’économique ?

La monnaie unique a été un véritable combat du Président François Mitterrand, entre le Traité de l’Acte Unique et le Traité de Maastricht. Bien qu’immense, cette réussite n’en est pas moins incomplète et il faut aujourd’hui penser une réelle gouvernance de la zone Euro.

Le programme d’échanges Erasmus est l’autre grande réussite de l’Europe, qui permet aux peuples européens de vivre une histoire commune. Erasmus s’est récemment élargi au-delà des étudiants aux apprentis, et je soutiens un Erasmus des associations.

 

Quel est votre plus beau souvenir comme ministre des Affaires européennes ?

La ratification du Traité de Maastricht en 1992.

 

Que peut –on souhaiter à l’Europe et donc à nous Européens pour 2017 ?

 

1) La décision britannique fut un choc immense pour l’Europe entière. Je souhaite à l’Europe d’engager rapidement des négociations claires (l’article 50 n’a toujours pas été invoqué) et de ne pas perdre de vue la préservation de ses intérêts (notamment les quatre libertés fondamentales) tout en ayant une approche équilibrée et non punitive vis-à-vis des Britanniques, encore très divisés sur le Brexit.

2) Le second défi concerne les échéances électorales que connaîtront plusieurs pays européens, dont la France et l’Allemagne. Les tentations populistes sont là, et il faut souhaiter aux Européens de ne pas y succomber. J’espère aussi que les résultats de ces élections permettront que le couple franco-allemand redevienne le moteur de l’intégration européenne.

3) Le dernier défi enfin, c’est de réconcilier l’Europe avec les Européens. Il est nécessaire de tisser une nouvelle proximité entre l’Europe et ses citoyens pour que ces derniers comprennent et s’approprient ses projets.

Propos recueillis par Julien Miro

www.troisfourmis.com