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L’Union européenne et le Darfour

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26 mars 2007

Dans sa déclaration du 25 mars à l’occasion des 50 ans du Traité de Rome, Angela Merkel a invité l’Europe à se préoccuper du Darfour. Malgré un ensemble de résolutions, la question de l’efficacité de l’action de L’UE est posée.



300 000 morts, 2 millions de personnes déplacées, 230 000 réfugiés au Tchad : la tragédie du Darfour, où se mêlent crimes de guerre et crimes contre l’humanité, n’en finit pas sous le regard trop passif de la communauté internationale. Mise sous pression par le régime de Khartoum depuis quatre ans, cette région de l’ouest du Soudan s’enfonce dans le drame d’un impitoyable nettoyage ethnique sans que personne n’en prenne la vraie mesure. D’où ce cri d’indignation que vient de lancer Chris Patten, l’ancien commissaire européen chargé des relations extérieures : « L’Europe n’a pris aucune mesure efficace pour faire pression sur Karthoum ».

L’Union européenne a déjà adopté, cependant, 19 conclusions sur le Darfour dans ses Conseils depuis avril 2004. Le même Conseil s’est dit « préoccupé » pas moins de 53 fois. Il vient de le faire , une fois encore, à Berlin en soulignant la détérioration des condition de sécurité et le viol répété des Droits de l’Homme dans la région. Il s’est, également, félicité qu’une enquête indépendante ait pu être menée au Darfour après l’adoption par le conseil de sécurité, le 31 mars 2005, de la résolution 1593 déférant la situation dans la région du Darfour au procureur de la Cour pénale internationale. L’UE demande à tous, et en particulier au Soudan, de coopérer avec la Cour pénale internationale qui constitue, à ses yeux, un moyen essentiel pour promouvoir le respect du droit humanitaire international et des droits de l’homme, et donc pour garantir la liberté, la sécurité, la justice et l’Etat de droit, ainsi que pour contribuer au maintien de la paix et au renforcement de la sécurité internationale. L’UE rappelle ce principe fondamental inscrit dans le Statut de Rome de la Cour pénale internationale : les crimes les plus graves qui touchent l’ensemble de la communauté internationale ne sauraient rester impunis.

Le sujet est si préoccupant qu’ Angela Merkel, la chancelière allemande, lors de son discours du 25 mars 2007 au cours du sommet européen de Berlin, a jugé nécessaire de lancer un appel au président Bashir du Soudan pour qu’il se plie enfin aux résolutions de l’ONU : « Je le dis sans ambages : nous devons envisager des sanctions plus sévères. » De fait, l’Union européenne ne pourra s’en tenir longtemps encore à des admonestations et des suggestions. Pour être enfin efficace, elle devra imposer des sanctions aux dirigeants soudanais pour qu’ils mettent enfin un terme à la violence qu’ils imposent au Darfour.

Noëlle Lenoir,
Présidente du Cercles des Européens.

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