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Budget européen: la tendance n'est pas à la solidarité

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21 octobre 2011

Dans le cadre de l'Université d'Automne du Mouvement Européen - France (22 octobre 2011), Noëlle Lenoir intervient au sujet du budget européen. Elle y dénonce l'ambiance d'égoïsme national qui prévaut chez les dirigeants européens actuellement.



"Les négociations pour le budget 2014/2020 vont être très difficiles car la tendance n'est pas à la solidarité. On l'a vu avec la Finlande qui a refusé dans un premier temps de participer au fonds européens de stabilité financière (FESF) pour le sauvetage de la Grèce. La situation en Slovaquie était encore plus illustrative où le parlement populiste n'a pas voulu jusqu'à la denrière minute participer à ce fonds" explique Noëlle Lenoir.

Pour elle, "les Etats se replient sur eux même pour une raison: les dirigeants politiques ne sentent pas leur population prête à s'ouvrir sur l'Europe... ils craignent pour leur ré-élection et vont plutôt dans le sens du populisme que dans celui du fédéralisme européen". Elle regrette vivement que "ce budget sera malgré son montant toujours modeste l'objet d'âpres négociations alors que nous sommes en plein crise".

C'est pourquoi "il faut marquer un tournant dans la conception même de ce budget". Noëlle Lenoir dénonce des "Etats dans l'esprit de demander un 'juste retour' en ne mettant pas davantage dans le budget européen que ce qu'ils peuvent obtenir comme fonds d'aide de l'Europe. La principale source du budget européen sont les contributions directement issues du budget des Etats. Or les parlements nationaux sont obligés, comme s'ils avaient à verser une aumone, de voter des crédits pour l'Europe dont la maîtrise leur échappe effectivement". La présidente du Cercle des Européens proposent de "revenir aux sources avec un budget plus communautaire, au sens d'une solidarité européenne. Il faut augmenter considérablement le montant des ressources propres attribuées directement au niveau européen sans passer par une contribution budgétaire des Etats".

Dans ce cadre, "la France doit soutenir fermement, avec l'Allemagne et contre le Royaume-Uni, le projet de taxes sur les transactions financières. L'économie est devenue largement financiarisée et immatérielle. Il n'y a pas de raisons que les industries implantées dans un pays payent un impôt sur les sociétés alors que l'industrie financière, qui est plus importante, ne paye rien sur ses activités générant des transactions financières. Cette taxe est juste et permettrait de résoudre beaucoup de problèmes posés au budget européen".

 

Retrouvez les propositions du Cercle des Européens pour un impôt commun sur les sociétés en Europe

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