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Le Cercle des Européens vous propose d’approfondir la connaissance et la compréhension des 27 Etats membres de l’Union européenne à partir d’articles d’actualité et de Fiches pays réalisées en partenariat avec Nouvelle Europe.

Nom officiel : République de Pologne
Superficie : 312.685 km²
Population : 38,13 millions
Capitale : Varsovie
Monnaie : Zloty
Taux de croissance : 5 % en 2008 / 1,7 % en 2009
Taux de chômage : 7,1 % en 2008 / 8,2 % en 2009
Déficit public : -3,7 % en 2008 / -7,1 % en 2009
Dette publique : 47,2 % en 2008 / 51 % en 2009
Taux d’inflation : 4,2 % en 2008 / 4 % en 2009
PIB par habitant* : 56,4 % en 2008
*exprimé par rapport à la moyenne de l’Union européenne (EU-27) fixée à 100
La Pologne fut l’un des premiers pays situés derrière l’ancien Rideau de Fer à bénéficier des aides de la Communauté économique européenne : le programme PHARE (P pour Pologne) contribua largement à la transition vers l’économie de marché. La candidature de la Pologne à l’UE fut présentée dès avril 1994, et ce deux mois après l’entrée en vigueur des accords d’association. L’ouverture des négociations commença quatre ans plus tard pour s’achever par la signature du traité le 16 avril 2003. Consultés par référendum, les Polonais approuvèrent l’adhésion à 77%. Le 1er mai 2004, le pays le plus peuplé des nouveaux adhérents intégra l’Union, et devint membre de l’Espace Schengen le 21 décembre 2007.
L’actuelle Constitution de la République de Pologne a été entérinée par référendum le 25 mai 1997. La Pologne fait figure de précurseur en matière de droit constitutionnel, puisqu’elle fut le premier pays du continent européen à se doter d’une constitution, le 3 mai 1791, "la Constitution du 3 mai". Le 3 mai est alors devenu le jour de la fête nationale.
Le Président (Bronislaw Komorowski, depuis juillet 2010) est élu au suffrage universel direct pour cinq ans ; il nomme le gouvernement, son Premier ministre (Donald Tusk, (PO) depuis novembre 2007), et dispose d’un droit de veto sur les propositions de loi. Les 460 députés de la Sejm (la Diète) sont élus à la proportionnelle pour un mandat de quatre ans. La chambre haute, le Sénat, est composée de 100 sénateurs, élus à la majorité relative pour quatre ans.
Depuis la réforme de 1999, la Pologne est divisée en 16 województwa (voïvodies, régions). Au niveau local, on trouve d’une part 379 districts et 2478 communes (gmina) d’autre part.
Chef d’Etat par intérim depuis le décès du Président de la République, Lech Kacynski, lors du crash de son avion, le 10 avril 2010 à Smolensk (lire l’édito de Noëlle Lenoir), le Président de la Diète polonaise, Bronislaw Komorowski (candidat de la Plateforme civique (PO)), a remporté l’élection présidentielle à l’issue du second tour qui avait lieu le 4 juillet 2010. Il était opposé au frère jumeaux du Président défunt, lui-même ancien Premier ministre (de 2006 à 2007) et actuel chef du Parti Droit et Justice (PiS), Jaroslaw Kaczynski.
Les dernières élections législatives du 21 octobre 2007 ont vu la victoire du parti de droite libérale, Plate-forme civique (PO) de Donald Tusk, devant le parti conservateur et nationaliste Droit et Justice (PiS) du Premier Ministre sortant Jaroslaw Kaczynski. Donald Tusk a été désigné Premier Ministre, tandis que le Président Lech Kaczynski (PiS) est élu jusqu’en 2010, créant en quelque sorte une situation de cohabitation, même si les pouvoirs du présidents sont limités.
Donald Tusk a conclu un accord de coalition avec le parti paysan (PSL), qui avait récolté 9% des voix. Son président, Waldemar Pawlak, est devenu ministre de l’Economie avec le titre de vice-Premier Ministre.
Depuis novembre 2007, la répartition de la Sejm est la suivante : la Plate-forme civique (PO, libéraux, parti du Premier Ministre) possède la majorité avec 209 sièges, tandis que le PiS (Droit et Justice, conservateurs, parti du Président) n’en possède que 166, ce qui a conduit à une cohabitation, qui durera jusqu’aux prochaines élections présidentielles en 2010. Les autres partis politiques en présence sont le LiD (Gauche et Démocrates, coalition de socialistes et du centre, 53 sièges) et le PSL (Parti paysan polonais, chrétiens-démocrates et agrairiens, 31 sièges). Seuls huit députés ne sont pas affiliés à un groupe politique.
Les résultats économiques de la Pologne se sont encore améliorés en 2006. Le rythme de l’expansion économique s’est renforcé en passant de 3,6% en 2005 à près de 6% en 2006. Cette amélioration confirme la reprise de l’activité qui s’était amorcée en 2004 et 2005 après quelques années de ralentissement de la croissance. Cette croissance repose essentiellement sur la consommation, mais également l’investissement privé, notamment grâce à l’arrivée massive des investissements étrangers. Les fonds structurels de l’Union européenne ont participé à cette reprise économique.
De nombreuses créations d’emplois et le retour d’un mouvement d’émigration ont fait nettement baisser le taux de chômage. L’un des principaux défis de la Pologne était de réduire son taux de chômage, et l’on peut dire que l’action gouvernementale a été efficace : alors, qu’en 2004, le chômage concernait 19% de la population active, il a presque plus de dix points en 2007, avec 7,3%. La dette publique, quant à elle, se maintient à 47% du Produit Intérieur Brut depuis 2004.
Jusqu’à présent, les gains de productivité ont compensé la hausse des salaires et l’inflation est passée entre 2004 et 2006 de 3.6% à 2.6%. Elle a été maîtrisée à 2% en 2007. Toutefois, la pression inflationniste reste importante ces dernières années et nécessite régulièrement l’intervention de la banque centrale. Ainsi à partir de la fin de l’année 2007, l’inflation a fortement augmenté pour atteindre 4%. La forte hausse des prix alimentaires et de l’énergie liés à une forte augmentation du coût du travail (+11% en un an) sont à l’origine de cette inflation.
Depuis 2004-2005, l’économie polonaise connait donc une forte croissance : 3.6% du PIB en 2005, puis 6.1% en 2007. Pour 2008 la prévision est de 6.5%, mais un net ralentissement est à prévoir pour 2009-2010, avec une prévision de croissance aux alentours de 5.5%.
L’actuel territoire de Pologne fut colonisé par les Slaves au VIe siècle. L’unification des peuples eut lieu en 840 sous l’égide du roi Piast, et le christianisme devint religion d’Etat en 966 afin de se protéger de la suzeraineté allemande. Cependant, la grande période d’unification du royaume se brisa entre la fin du XIe et le début du XIIIe : le chaos intérieur profita aux Mongols, qui envahirent le pays en 1240, puis aux Chevaliers Teutoniques. La Pologne, sous le règne de Kazimierz IV, remporta la Guerre de Treize Ans contre les chevaliers Teutoniques, victoire prolongée par la paix de Torun en 1466. Jusqu’à son démembrement à la fin du XVIIIe siècle, le royaume de Pologne-Lituanie connut un âge d’or, néanmoins tempéré par les crises successives liées à la fronde des nobles contre le roi élu.
Après la Première Guerre mondiale et le traité de Versailles, la Pologne réapparait sur la carte européenne, sur un territoire plus oriental qu’aujourd’hui. Sa situation fut rendue difficile par la proximité de deux Etats en proie à la montée du totalitarisme, l’Allemagne et l’URSS au début des années 1930. Dès le début de la Seconde Guerre mondiale, la Pologne fut l’un des pays les plus durement traités par le régime nazi. Le pays sera finalement « libéré » par l’Armée Rouge et le pouvoir confisqué par le Parti communiste qui élimina les opposants.
Ce sera le célèbre épisode du syndicat Solidarnosc, dirigé par Lech Walesa, opposition concrète au pouvoir de Varsovie, et avec l’aide du pape Jean-Paul II, qui permettra l’arrivée des réformateurs, et ce à la faveur de la politique de perestroïka et de la glasnost de Gorbatchev. Dès lors, la Pologne se tourna vers l’Union européenne et les Etats-Unis, ce qui conduisit à son adhésion à l’OTAN en 1999 et à l’UE en 2004.
Particularités
Les Polonais se déclarent à 90% de religion chrétienne catholique. Le 16 octobre 1978, Karol Wojtyla fut élu Pape, sous le nom de Jean-Paul II. Il reste l’un des Polonais les plus célèbres de l’histoire.
Langue
La langue officielle du pays est le polonais. Langue slave, très proche de ses voisines tchèque, slovaque ou ukrainienne, elle sont toutes intercompréhensibles. La Pologne compte cependant de nombreuses minorités linguistiques, qui jouissent de peu de reconnaissance de la part des autorités publiques.
Traditions
Le folklore polonais est très présent dans la vie quotidienne. Sa richesse a été préservée grâce à Oskar Kolberg qui, au XIXe siècle, sillonnait les routes de son pays, région par région, pour répertorier mélodies, poèmes, danses et chansons. Le krakowiak, l’oberek, la polonaise, le mazur, et le kujawiak sont autant d’exemples de danses populaires nationales qui ont subsisté jusqu’aujourd’hui.
Tout au long de l’année, on peut assister à des reconstitutions de tournois de chevalerie : Ujazd, en juin, Golup-Dobrzyn (ville des Chevaliers Teutoniques), Gniew en juillet, et Sandomierz en août.
Cuisine
Les spécialités polonaises sont nombreuses. Citons ainsi la bigos (choucroute polonaise), la barszcz (soupe de betterave cuites, servi avec un pâté de viande dans une pâte feuilletée accompagnée d’un bouillon), le golonka (jambonneau mariné à la bière, cuit au bouillon), la grochowka (soupa aux pois, lardons, viande épicée), la kotlet schabowy (côte de porc panée), le kaczka z jablkami (canard farci aux pommes, accompagné de pains cuits à la vapeur, les pyzys). Parmi les desserts, citons le sernik (gâteau de fromage frais), la nalesniki (crêpe à la chantilly et au fromage frais), ou encore les chrusty (fritures saupoudrées de sucre).
Sports et loisirs
Le football est sport national. Son équipe est d’ailleurs l’une des plus grandes équipes européennes. La Pologne accueillera d’ailleurs avec l’Ukraine l’Euro en 2012. On retrouve également les Polonais en athlétisme ou dans les sports de glisse.
La Pologne est également propice aux sports en plein air, notamment le VTT ou la marche à pieds. Le pays offre le plus long circuit d’Europe de canoë-kayak, soit 109 kilomètres, dans la région des Grands Lacs de Mazurie, à l’est.
Littérature
La littérature polonaise a toujours été étroitement liée à l’histoire du pays. Dans un pays longtemps privé d’État, la figure de l’écrivain a eu un rôle très important dans la constitution de l’identité nationale (Adam Mickiewicz, Juliusz Słowacki). Henryk Sienkiewicz (1846-1916) est aujourd’hui l’écrivain le plus lu et a reçu en 1905 le Prix Nobel de Littérature.
Prix littéraire de l’Union des écrivains polonais à 23 ans, Czeslaw Milosz a marqué la littérature de son pays. Résistant en 1933, il rompt avec le pouvoir communiste puis se réfugie en France. Essai (La pensée captive), romans à tonalité autobiographique (Sur les bords de l’Issa), poésies, son œuvre, consacrée par le Prix Nobel de Littérature en 1980, est hantée par les tragédies du XXe siècle.
Patrimoine
Varsovie, ville torturée de l’histoire, a su reconstruire un cœur historique (Palais Wilanow, place Bankowy). Les cités de Gdansk, Torun et Malbork sont des hauts lieux du patrimoine polonais du Moyen-Âge. Enfin, les camps de concentration, et notamment celui d’Auschwitz-Birkenau, s’ils constituent un legs douloureux au patrimoine du pays, sont une visite importante à faire.
Arts
Tout comme la littérature, l’art a tenu une place importante dans le développement de l’identité polonaise. Les courants littéraires et artistiques vont avoir ainsi une évolution parallèle. Jan Matejko (1838-1893) a dit : "L’art est comme une arme á la main, il n’est pas permis de séparer l’art de l’amour de la patrie !".
Wladyslaw Strzeminski (1893-1952), peintre, fut l’un des penseurs du courant constructiviste polonais. Alors que la Pologne était sous le joug soviétique, il s’opposa aux théories du Ministère de la Culture sur le réalisme-socialiste, en prônant notamment son courant, l’unisme, qui veut éliminer toute valeur non plastique d’une œuvre, les couleurs, les formes et les lignes devant créer une unité organique. En 1987, l’Académie des Beaux-arts de Lodz prendra son nom.
Cinéma
Krzystof Kieslowski (1941-1996), considéré comme l’un des maîtres du cinéma polonais, commença sa carrière avec des courts et moyens-métrages critiques sur le système politique. Son premier film, La Cicatrice, ne lui apporte pas le succès escompté, mais Tu ne tueras point et ses dix films de la série Décalogue (1988), puis La Double Vie de Véronique (1991) et sa trilogie Bleu, Blanc, Rouge (1993-1994) seront des succès, notamment en Allemagne et en France. Plus récemment, Roman Polanski nous a fait revivre l’insurrection du ghetto de Varsovie dans Le pianiste, primé à Cannes en 2003.
Musique
Né près de Varsovie, Frédéric Chopin (1810-1849) est une grande figure du Romantisme polonais, auquel il a mêlé les influences du folklore national. Entre la France et la Pologne, c’est à lui que l’on doit la marche funèbre et Valse en bémol majeur, op 69. Plus proche de nous, Zbigniew Preisner (né en 1955) est un compositeur de musique de film incontournable, tant en Pologne qu’en Europe : Trois couleurs de Kieślowski, 1993-94 ; Elisa, Jean Becker, 1995 ou un secret de Claude Miller, 2007, pour lequel il est nominé aux Césars 2008.
Ambassade de Pologne en France
Ambassade de France en Pologne
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