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Parcours d’Européens

Le Cercle revient sur les parcours des grandes personnalités de la scène nationale, européenne et internationale afin de mettre en lumière la façon dont ils ont "rencontré l’Europe"

Philippe Douste-Blazy

Une carrière publique entre mandats locaux et nationaux

Entre médecine et politique, entre mandats locaux et nationaux, Philippe Douste-Blazy a gravi sans désemparer tous les échelons de la vie professionnelle et publique. Ce qui marque sa carrière politique, c’est la vitesse et la constance. La vitesse caractérise en effet le parcours de ce fan de courses de voitures. S’il est entré en politique relativement tard comparé à d’autres, il a largement rattrapé son retard. C’est à trente-six ans qu’il décide de briguer la mairie de Lourdes qu’il ravit sans coup férir en 1989 à François Abdadie, maire radical en fonction depuis dix-huit ans. Depuis cette date, les mandats se sont succédés : député, président du Groupe UDF à l’Assemblée Nationale, Secrétaire général de l’UMP et Ministre de divers portefeuilles.

Un Ministre pédagogue

Philippe Douste-Blazy a d’abord été Ministre délégué à la Santé dans le gouvernement d’Edouard Balladur de 1993 à 1995 puis Ministre de la Culture sous Alain Juppé de 1995 à 1997. Il marque son passage au ministère de la Santé de mars 2004 à mai 2005 dans le gouvernement de Jean-Pierre Raffarin par sa réforme de l’assurance maladie. Faisant preuve d’une pédagogie à toute épreuve, il parvient à faire accepter aux Français cette réforme compliquée, à force d’explications et de passages à la télévision. A l’évidence le Ministre n’a pas oublié les qualités qu’il a développées en tant que médecin et qu’il a su transposer en politique : la recherche du consensus, l’écoute, la pédagogie... Lors de ses vœux à la presse en 2005 au Ministère de la Santé il déclare que communiquer « est la première étape de cette transparence qui sera l’une des marques du renouveau de la politique. ». Comme François Bayrou ou Nicolas Sarkozy, il fait partie de cette génération de responsables politiques qui croit au pouvoir des médias et tient la pédagogie en plus haute estime.

L’engagement mondial et européen

Depuis le 2 juin 2005 Philippe Douste-Blazy est le numéro 3 du gouvernement de Dominique de Villepin au poste de Ministre des Affaires étrangères. Et au Quai d’Orsay aussi, il entend garder sa spécificité. Il a fait de l’humanitaire une de ses priorités. Il porte avec enthousiasme le projet de Facilité Internationale d’Achat de Médicaments (FIAM). Un programme pour améliorer l’accès aux médicaments contre les trois grandes pandémies mondiales : le sida, la tuberculose et le paludisme. Son engagement international n’a d’égal que son engagement communautaire. Car il ne faut pas oublier son identité européenne, capitale. Déjà à l’époque de son entrée en politique, trois mois après sa victoire à la mairie de Lourdes, il avait été élu député européen sur la liste de Simone Veil « Centre pour l’Europe ». Ce centriste de souche, europhile de cœur qui est entré au Ministère des Affaires étrangères après le non à la Constitution voulait se consacrer au rétablissement des liens de confiance entre les Français et l’Europe. Mais c’est finalement la crise au Liban qui marquera son Ministère et ses nombreux voyages en Israël et dans le monde arabo-musulman.

Novembre 2005