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Parcours d’Européens

Le Cercle revient sur les parcours des grandes personnalités de la scène nationale, européenne et internationale afin de mettre en lumière la façon dont ils ont "rencontré l’Europe"

Ernest Antoine Seillière

Ernest Antoine SeillièreLe modernisateur

Elu septième président du Conseil National du Patronat Français en décembre 1997, Ernest Antoine Seillière succède à Jean Gandois au moment de l’adoption de la loi sur les 35 heures par le gouvernement Jospin.« Le CNPF dira sans prudence ce que pensent les entrepreneurs » avait indiqué Ernest Antoine Seillière lors de sa candidature à la tête de l’organisation patronale.

Sous sa présidence, le MEDEF remplace le CNPF. Sous sa houlette, Ernest -Antoine Seillière entend voir émerger le patronat comme un groupe capable de proposer un vrai projet de refondation sociale. Les universités d’été du MEDEF qu’il crée en 1998 deviennent vite un haut lieu de débat public où se pressent des responsables politiques, économiques et sociaux de France et d’ailleurs. Le MEDEF lui-même débat de toutes les grandes questions : les retraites, le financement de la sécurité sociale, le temps de travail... Surtout c’est sous l’impulsion d’Ernest Antoine Seillière que l’organisation patronale s’implique dans les sujets propres à l’Europe : l’euro et l’harmonisation fiscale font partie de ses priorités.

La passion de l’entreprise

Une conviction anime Ernest Antoine Seillière : celle que l’entreprise est la voie de réconciliation entre l’individu et la société. « Armée, Eglise, Etat, école : les institutions qui forgent l’histoire de la France sont aujourd’hui affaiblies et remplissent moins bien leur rôle d’intégration des différentes strates d’immigration. Le travail dans l’entreprise est le moteur principal de l’ascenseur social français. » écrit-il dans une tribune parue dans le journal Le Monde, le 8 septembre 2003. Pour lui à l’instar des responsables politiques, les entrepreneurs peuvent développer une vision globale de la société.

Il a d’ailleurs failli faire de la politique lui-même. Après un poste de secrétaire puis de conseiller au Ministère des Affaires Etrangères, il devient Conseiller Technique au Cabinet de Maurice Schumann, puis de Robert Galley de 1972 à 1973 ainsi que Chargé de mission au Cabinet de Jacques Chaban-Delmas puis de Pierre Messmer de 1969 à 1972. Toutefois plutôt que de s’investir dans un mandat parlementaire – il a reçu plusieurs propositions – il préfère en 1976 se consacrer à la gestion de son entreprise familiale, le groupe sidérurgique Wendel. Ce groupe a été remplacé par Usinor, puis Arcelor devenu Arcelor-Mittal. Ernest-Antoine Seillière a créé, quant à lui, Wendel Investissement, un fonds particulièrement actif.

Défendre la stratégie de Lisbonne et la compétitivité des entreprises en Europe

Remplacé par Laurence Parisot à la tête du Medef, Ernest Antoine Seillière, depuis le 21 mars 2005, est le président de l’Union des Industries de la Communauté Européenne (UNICE). Patron des patrons, mais au niveau européen cette fois… L’organisation dispose d’une réelle force de frappe avec vingt millions d’entreprises situées dans trente pays (dont la Turquie ou la Suisse). Elle comporte en son sein soixante groupes de travail et 1 200 experts. Selon son slogan, elle se veut être « la voix du business en Europe. » La voix d’Ernest Antoine Seillière en l’occurrence, qui se fait entendre par exemple pour défendre l’agenda de Lisbonne aux termes duquel la Commission s’est engagée à faire de l’Europe l’économie de la connaissance la plus compétitive d’ici 2010. Ernest Antoine Seillière s’est également particulièrement impliqué comme Président de l’UNICE dans l’achèvement du processus d’adoption de la directive sur les services, étant persuadé que les services restent un secteur où des « gains de productivité importants peuvent encore être faits » Le secteur représente en effet 70% du PIB de l’Europe, une vraie locomotive dont le moteur doit être alimenté pour qu’elle puisse véritablement tirer la croissance de l’Union vers le haut.

Juin 2006