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Regards sur les 27

Le Cercle des Européens vous propose d’approfondir la connaissance et la compréhension des 27 Etats membres de l’Union européenne à partir d’articles d’actualité et de Fiches pays réalisées en partenariat avec Nouvelle Europe.

Bulgarie

Nom officiel : République de Bulgarie
Superficie : 110 911 km²
Population : 7,6 millions
Capitale : Sofia
Monnaie : Lev
Taux de croissance : 6 % en 2008 / -5 % en 2009
Taux de chômage :) 5,6 % en 2008 / 6,8 % en 2009
Déficit public : 1,8 % en 2008 / -3,9 % en 2009
Dette publique : 14,1 % en 2008 / 14,8 % en 2009
Taux d’inflation (2008) : 12%
PIB par habitant* / : 41,3%
*exprimé par rapport à la moyenne de l’Union européenne (EU-27) fixée à 100

Adhésion à l’UE

La Bulgarie est très pro-européenne et ne s’en cache pas. Contrairement à la Roumanie, l’adoption de l’acquis communautaire s’est fait plus rapidement. Le 14 décembre 1995, le gouvernement présente sa candidature, et bénéficie au titre du programme PHARE de l’Union européenne pour la reconstruction et le développement d’1,74 milliards d’euros pour la période 1992-2004. Les négociations à proprement parler s’ouvrent en 1999 et s’achèvent en juin 2004. L’adhésion ne s’est néanmoins pas faite sans sacrifices. En effet, afin de valider les négociations, la Bulgarie a dû fermer sa centrale nucléaire, jugée dangereuse par la Commission européenne, ce qui a contribué à une forte augmentation du prix de l’électricité. La Bulgarie rejoint finalement l’Union européenne aux côtés de la Roumanie le 1er janvier 2007.

Système politique

La Bulgarie est une république parlementaire. Le Président de la République (Gueorgui Parvanov, depuis 2002) est élu pour cinq ans au suffrage universel direct. Le Premier ministre (Serguei Stanichev, depuis 2005) est élu par le Narodno Sabranie (la Chambre monocamérale), composé de 240 députés, élus pour quatre ans au suffrage universel direct, selon un scrutin proportionnel.

Depuis la réforme institutionnelle de 1999, la Bulgarie est divisée en 28 oblasti (régions), chargés de la mise en œuvre au niveau local de la politique gouvernementale. Au niveau local, il y a d’une part 264 obchtina (commune) et d’autre part 3850 sections de communes et arrondissements, qui se répartissent la gestion des affaires communales.

Vie politique et gouvernement actuel

Les élections législatives du 5 juillet 2009 ont vu la large victoire du Parti des citoyens pour le développement européen de la Bulgarie (GERB) conduit par le maire de Sofia, Boïko Borissov, face au Parti socialiste bulgare (PSB) du Premier ministre sortant, Sergueï Stanichev, à la tête de la coalition de gauche - la "Coalition pour la Bulgarie" - depuis 2005. Suite à la réforme électorale d’avril 2009, cette élection se déroulait pour la première fois selon un système mixte et non plus au scrutin proportionnel. Autre particularité de ce scrutin, il se tenait sous la surveillance des deux missions de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) et de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe, afin de prévenir les fraudes qui avaient entaché les précédentes élections. La participation a été 59,8%.

Le parti GERB a été fondé en décembre 2007, en réaction à la persistance de la corruption au plus niveau de l’Etat. Sous surveillance depuis son adhésion à l’Union européenne le 1er janvier 2007, la Bulgarie a été sévèrement sanctionnée par la Commission européenne en juillet 2008 pour son manque de résultat en matière de lutte contre la corruption et la criminalité organisée (lire article ci contre). Cet épisode, qui s’est traduit par la suspension d’importantes aides européennes, avait considérablement affaibli le gouvernement de coalition aux yeux d’une opinion publique lassé par ces affaires. C’est dans ce climat de discrédit de la classe politique et de crise économique, avec une chute brutale du PIB au premier trimestre 2009 (-3,5% et -1,6% selon les prévisions sur l’année), que les électeurs se sont massivement prononcés pour le jeune Parti des citoyens.

Après les premières élections européennes de 2007, puis celles de juin 2009, c’est le troisième scrutin consécutif remporté par le GERB, mais aussi la plus nette victoire puisqu’il s’impose avec un total de 39,7% des voix et 116 sièges sur 240. Le Parti socialiste enregistre lui une sévère défaite puisqu’il ne recueille que 17,7% et perd 42 sièges par rapport à la précédente législature. Son partenaire de coalition, le Mouvement national Siméon II, parti de l’ancien Premier ministre Siméon de Saxe-Cobourg-Gotha (2001-2005), rebaptisé Mouvement national pour la stabilité et le progrès (MNSP), enregistre un revers encore plus désastreux, puisqu’avec moins de 4% des voix il disparait du Parlement, alors qu’il détenait 53 sièges dans la précédente assemblée. Seul le troisième parti de l’ancienne Coalition pour la Bulgarie, le Mouvement pour les droits et les libertés (DPS) - parti libéral représentant de la minorité turque (10% de la population) - parvient à faire mieux qu’en 2005 et avec 14,47% des suffrages, gagne 4 sièges de plus (soit 38 sièges). A droite de l’échiquier, la "Coalition bleue", (formée autour de deux formations : l’alliance de l’Union des forces démocratiques (ODS) et celle des Démocrates pour une Bulgarie forte (DSB)) obtient 15 sièges avec 6,7% des suffrages. Le parti populiste Ordre, légalité et justice (RZS) obtient 10 sièges (4,13% des voix). Avec 9,4% des voix, le parti d’extrême droite, Ataka, confirme sa position de 4ème force politique au Parlement avec 21 sièges.

Le Premier ministre Boïko Borissov a formé un gouvernement minoritaire, autour des seuls membres de son parti, le GERB et de quelques nouveaux venus en politique. Il a reçu le soutien parlementaire de trois petites formations de droite : Ataka (21), la Coalition bleue et Ordre, légalité, justice. C’est l’ancienne députée européenne, Roumiana Jeleva, qui été nommé ministre des Affaires étrangères. Pour s’attaquer au fléau de la corruption, le Premier ministre a nommé Margarita Popova, connue pour ses enquêtes sur des fraudes liées aux fonds communautaires, à la Justice et Simeon Djankov, ancien économiste à la Banque mondiale, au ministère des Finances.

Économie

La Bulgarie a su réaliser ses réformes économiques : assainissement des finances publiques et réduction de la dette ont permis de relancer l’économie. Elle a ainsi retrouvé un taux de croissance nettement supérieur à la moyenne de l’Union (6.2% en 2005, 6.1% en 2006) et son taux de chômage a fortement baissé, de 18,1% à 6,9% entre 2002 et 2007. Les efforts réalisés par les gouvernements n’ont néanmoins pas calmé l’inflation (6.1% en 2006 et 7,6% en 2007) et la forte propension des ménages à s’endetter par le biais de crédits à la consommation. Tous ces bons indicateurs ne doivent cependant pas masquer de graves déséquilibres régionaux entre villes et zones rurales.
La Bulgarie a le plus faible PIB par habitant de l’Union européenne (38,1, par rapport à la moyenne de l’EU-27 fixée à 100), suivi de près par la Roumanie (40,7), deux pays entrés dans l’Union en 2007.

Histoire

Royaume à l’origine peuplé de Thraces, la Bulgarie fut conquise par Philippe de Macédoine, et plus tard par l’Empire romain. Le peuple bulgare fonda son Etat en 681 grâce à l’action du Khan Asparoukh. Un des premiers évènements historiques de l’histoire bulgare a été la conversion au christianisme du tsar Boris Ier en 870 Après avoir longtemps hésité entre Rome et Constantinople, le rapprochement du pays naissant avec la capitale byzantine l’a fait opté pour la seconde, ancrant ainsi la Bulgarie dans le christianisme orthodoxe, ce qui ne sera pas sans conséquence pour le futur schisme. A l’invasion des Tatars en 1240, succéda celle des Ottomans en 1396.

L’indépendance de l’église bulgare en 1870 et la formation d’une nouvelle élite au sein d’écoles laïques dans leur langue contribuèrent avec la publication d’une Histoire slavo-bulgare (Païssi de Hildenbar, 1762) à l’éclatement de la révolte nationaliste de 1876, qui fut durement réprimée par les Ottomans. Située entre revendications turques et russes, la Bulgarie est divisée en trois entités. Elle ne retrouvera son intégrité territoriale seulement en 1908 avec la proclamation de l’indépendance du pays.

Impliquée dans les Guerres balkaniques, puis dans la Première Guerre mondiale aux côtés de l’Axe, la Bulgarie souffre de la défaite et de la crise économique qui s’ensuit. La période de la Seconde Guerre mondiale est marquée par l’occupation du pays par l’Axe et la mise en place d’un régime pro-nazi. L’URSS finit par « libérer » le pays, mais l’occupe à son tour et ce jusqu’en 1990, date à laquelle commence la décommunisation.

Culture et société

Particularités

La Bulgarie est non seulement le premier Etat membre de l’Union européenne a écrire dans l’alphabet cyrillique, mais également le berceau de la langue slave écrite. En effet, Cyrille et Méthode originaires du Tsarat bulgare sous l’empire Byzantin inventent une écriture propre aux langues slaves afin de transmettre la religion chrétienne de rite orthodoxe.

Langue

La langue officielle du pays est le bulgare, une langue slave méridionale. En outre, aux côtés des bulgarophones se trouvent une importante minorité turcophone, présente sur le territoire depuis des siècles.

Traditions

De nombreuses fêtes parsèment le calendrier bulgare : le 3 mars (1878) pour la fin du joug ottoman, le 6 septembre pour la date anniversaire de la réunification de la Nouvelle Bulgarie et les 22 septembre et 1er novembre sont respectivement le jour de l’indépendance et le jour de la Renaissance nationale.
Il ne faut pas oublier non plus la Pâque orthodoxe, la fête de Saint Georges, considéré comme le saint patron du pays (6 mai, également comme fête nationale), la journée de l’Ecriture slave (24 mai), et enfin les festivités de Noël.
D’autres fêtes ou festivals ont lieu dans le pays : la fête des viticulteurs (Trifon Zarecan, le 14 février), le festival du folklore de Koprivshtitsa qui accueille plus de 4000 personnes tous les quatre ans, la fête des roses le 1er dimanche de juin à Kazanlâk et Karlovo, et enfin, le festival de danses traditionnelles de Pernik, qui a lieu tous les deux ans.

Cuisine

La cuisine traditionnelle bulgare reflète bien les influences régionales (grecques, turques, slaves). En guise d’entrées, on peut citer le kyopolou (caviar d’aubergines et de poivrons grillés avec de l’ail et du persil), le tchouchki burek (entrée chaude de poivrons grillés ou frais avec une farce de fromage blanc frais et feuilles de vignes), le tarator (soupe froide de yaourt, aneth et concombre) et la traditionnelle charcuterie (soudjouk, loukanka et pastarma). Ensuite, peuvent suivre le kavarma (ragoût de poulet ou de porc, de tomates, oignons, champignons, poivrons, le tout recouvert d’un œuf) ou le pulneni tchouchki (autre plat de poivrons plus consistant, avec de la farce de viande hachée, des tomates, de l’ail et du riz en accompagnement). Pour conclure un repas, on pourra goûter le yaourt bulgare, le plus célèbre dessert du pays, mais il existe aussi une grande diversité de pâtisseries au sirop comme les touloumbitchki, les baklavas ou les kadaïf.

Sports et loisirs

Le football est le sport le plus populaire en Bulgarie. Hristo Stoïchkov est le plus grand footballeur bulgare de l’histoire (ballon d’or en 1994, membre de la "Dream Team" du FC Barcelone du début des années 1990). Les clubs principaux sont le CSKA Sofia et le Levski Sofia. Le pays possède également une grande tradition de lutte, avec d’autres pays riverains de la mer Noire ou du Caucase. Autre spécialité sportive : l’haltérophilie, qui a vu de nombreux champions bulgares.

Côte de la Mer Noire
Sur le littoral nord, Albena, Varna et surtout la célèbre station balnéaire des Sables d’Or séduisent les touristes grâce à leurs plages de rêve. Au sud, c’est la côte du Soleil qui remporte l’adhésion des jeunes Bulgares. La station a connu un boom hôtelier incomparable, mais vous pourrez y pratiquer le surf, le ski nautique et de nombreux autres sports comme l’équitation.

Montagnes
Au Sud de Sofia, le massif du Rila est idéal pour les amoureux de la randonnée. Vous mettrez deux ou trois jours à pied jusqu’au monastère de Rila, à moins de vouloir s’attaquer au pic Musala, le plus haut sommet de la péninsule des Balkans. Quant aux montagnes des Rhodopes, elles regorgent de petits villages fréquentés par les voyageurs qui partent à la rencontre des traditions bulgares authentiques. Le monastère de Batchkovo vaut vraiment le détour. Elles offrent également de belles possibilités pour les skieurs qui se rendent à la station de Pamporovo.

Arts et littérature

Littérature

Née en 1922, Blaga Dimitrova est une poétesse de renom en Bulgarie. Méconnue en Europe avant la chute du Mur de Berlin, ses écrits, et notamment ses ouvrages La Quête et La Mer interdite, contribuèrent à son renom. Elle entama également une carrière politique et devint, en 1992, vice-présidente de son pays avant de démissionner l’année suivante pour reprendre ses activités littéraires.

Patrimoine

Sofia fut reconstruite après la Seconde Guerre mondiale, ses bâtiments modernes sont ainsi empreints d’une forte influence soviétique. Son centre-ville abrite le cœur historique, notamment les cathédrales Alexandre Nevski, Sveta Nedelya et Sainte-Sophie, mais aussi la place Battenberg. Aux portes de la ville, le mont Vitosha offre une vue panoramique sur la capitale et ses environs.

La ville de Veliko Tarnovo, qui aurait les plus vieilles maisons de Bulgarie, est située à proximité des ruines de la cité romaine de Nicopolis ad Istrum, l’une des mieux conservées d’Europe, un site est classé au Patrimoine mondial de l’Unesco.

Nessebar, surnommée "le Saint-Tropez bulgare", fut construite par les Thraces sur une presqu’île. Exclusivement réservée aux piétons, elle ne compte pas moins de quarante églises et figure aujourd’hui au Patrimoine mondial de l’Unesco.

Arts

Stanimir Videv, né en 1957, est l’un des chefs de file du courant abstrait de la peinture bulgare. Après avoir été exposées dans toutes les galeries d’arts de Bulgarie et avoir voyagé en Europe, ses œuvres ont été choisies en mars 2006 pour figurer au sein d’une exposition intitulée "Journées Bulgares" au Parlement européen de Strasbourg.

Cinéma

Outre Mila de Mars, de Zornitsa Sophia (2004), qui raconte la manière dont une jeune femme enceinte fuit son ex-petit ami dans l’après-guerre, l’autre succès du cinéma bulgare a été Georges et les papillons, d’Andrey Paounov. Ce film retrace sur un fond d’analyse du capitalisme post-Guerre froide l’espoir d’un psychiatre et neurologue bulgare, de parvenir à construire une ferme dans l’hôpital pour que ses patients puissent y élever des animaux.

Musique

Au cœur des montagnes des Rhodopes, les femmes de Nedelino chantent le dyouglas à deux voix, comme le veut la tradition bulgare. A capella ou accompagnées de cornemuse, les complaintes, rondes, chants satiriques ou chants de séduction sont interprétées par les six meilleures chanteuses de la ville.

LIENS

Mission économique de France en Bulgarie

Ambassade de France en Bulgarie

Ambassade de Bulgarie en France

Office du Tourisme Bulgare

Guide en ligne de la capitale Sofia

Nouvelle Europe : le portail de l’Europe élargie. Infos, découverte et culture dans l’Europe à 27 et son voisinage.

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