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Chaque mois, le Cercle des Européens reçoit, en partenariat avec L’Express, une personnalité marquante de la scène européenne ou internationale qui intervient, lors d’un petit déjeuner débat, sur un thème européen lié à ses responsabilités.
4 décembre 2008
Brice Hortefeux, Ministre de l’Immigration, de l’Intégration, de l’Identité nationale et du Développement solidaire était l’invité des Rencontres du Cercle des Européens - L’Express, le 4 décembre 2008
A la veille de la fin de présidence française de l’Union et alors que se profilent les élections européennes de juin 2009, Brice Hortefeux a d’abord évoqué les résultats du dernier Eurobaromètre, enquête d’opinion réalisée régulièrement par la Commission européenne sur les principaux enjeux de l’Union. Constatant que "depuis 15 ans, le sentiment d’appartenance à l’Europe n’a pas évolué", le ministre a regretté le manque cruel de connaissances des Européens sur les institutions de l’Union. Plus du tiers - 36 % - d’entre eux ignorent par exemple que les députés européens sont élus au suffrage universel direct.
D’où l’urgence de montrer que l’Europe s’intéresse aux citoyens et aux problèmes auxquels ils sont confrontés. C’est dans cet esprit que la Présidence française a entendu faire avancer les dossiers qui tiennent à cœur aux citoyens en leur montrant la "capacité de l’Union à répondre à leurs préoccupations". L’inscription de l’immigration parmi les trois grandes priorités de la Présidence française (aux côtés de la défense et de l’énergie-climat-environnement) illustre cette volonté.
En effet, tirant les leçons du "non" irlandais au Traité de Lisbonne dans lequel la question migratoire, dans sa dimension économique et identitaire, a joué un grand rôle ,"le Président de la République a souhaité marquer que l’Union européenne ne se préoccupait pas seulement de questions institutionnelles ou budgétaires, mais s’engageait à répondre aux défis de notre société, notamment l’immigration". L’Union européenne est un continent de paix et un pôle de prospérité nécessairement attractif et ses États membres se retrouvent donc inévitablement confrontés à la question de l’immigration. Revenant sur l’exemple du non irlandais au référendum sur le traité de Lisbonne, le ministre y a vu l’expression d’une crainte due au "sentiment de dilution de l’identité nationale dans la construction européenne", crainte qu’il faut apaiser.
La genèse du Pacte sur l’immigration : plus d’un an de concertation
Le Pacte sur l’immigration a recueilli un accord unanime sur le socle, les principes et la méthode dès les premiers jours de la Présidence française par les ministres de la Justice et des Affaires intérieures des 27 États membres au Conseil informel réuni à Cannes le 7 juillet 2008, avant d’être adopté à l’unanimité des chefs d’État et de gouvernement lors du Conseil européen d’octobre. Il a fait l’objet "d’une très longue préparation".
C’est en août 2007, lors d’une visite en Auvergne du commissaire européen Franco Frattini que Brice Hortefeux évoque pour la première fois l’établissement d’un pacte européen sur l’immigration. Le ministre a ensuite porté sans relâche le projet en faisant le tour des capitales européennes pour consulter ses partenaires et entamer la négociation. Riche d’enseignements, ce "tour d’Europe" a apporté la confirmation que "toutes les régions d’Europe sont confrontées à la question de l’immigration", et qu’une réponse européenne s’imposait. Le ministre a salué la Présidence slovène de l’Union avec laquelle il a pu travailler dès le début 2008 pour préparer le Pacte.
Cette tournée a commencé par les cinq pays qui concentrent à eux seuls 80 % des flux migratoires en Europe, à savoir, outre la France, le Royaume-Uni, l’Italie, l’Espagne et l’Allemagne. La coopération entre la France avec le Royaume-Uni était déjà largement entamée à titre bilatéral. L’accord s’est rapidement fait avec l’Espagne sur le principe de la proposition française. Les deux partenaires de la coalition au pouvoir en Allemagne – CDU et SPD – ont également donné leur aval. En Italie, l’alternance politique d’avril 2008, en plein cœur de la négociation, n’a pas changé le positionnement du gouvernement sur la question, Silvio Berlusconi ayant poursuivi la ligne adoptée par Romano Prodi en soutien à la proposition française.
Les pays d’Europe centrale et orientale, eux aussi confrontés depuis leur entrée dans l’Union à la question de l’immigration, ont accueilli très favorablement l’idée d’un tel pacte. Le ministre a à cet égard évoqué la situation de la République tchèque, où l’on observe une très importante immigration en provenance d’Asie et plus particulièrement du Viet Nam. Cette situation, héritée de la période soviétique, est la résultante des liens que chaque pays du Pacte de Varsovie devait développer avec un "pays frère", la République tchèque s’étant vu désignée pour des échanges privilégiés avec le Vietnam.
Ce sont cependant Malte, Chypre et la Grèce, pays qui, du fait de leur situation géographique (la Grèce a 16 500 km de côtes) qui connaissent les plus importants flux migratoires. A Chypre, par exemple la population immigrée représente 12 % de la population totale tandis que le taux de demandeurs d’asile y est le plus élevé d’Europe.
A l’issue de ses tournées dans les capitales européennes et à la faveur des discussions organisées sous Présidence française lors des nombreux Conseils des ministres et d’autres réunions, le ministre a indiqué se "sentir encore plus européen qu’il y a quelques mois".
Maîtriser efficacement les flux migratoires et mieux intégrer les étrangers en situation régulière
En tête des objectifs du Pacte sur l’immigration, figure une meilleure organisation de l’accueil des étrangers en situation régulière. Compte tenu des perspectives démographiques, notamment du faible taux de fécondité en Europe, à l’exception de la France et de l’Irlande, l’Union européenne doit faire face à un besoin de main d’œuvre. L’accueil des étrangers doit donc être mieux organisé. De même, Il n’est pas normal que l’Europe ne soit pas plus attractive pour les étudiants étrangers et le Pacte prévoit d’améliorer l’accueil de ces étudiants.
Dans la gestion des flux d’immigration légale, il faut prendre en compte des besoins de main d’œuvre dans des secteurs spécifiques, ce qui peut passer par des accords bilatéraux. Le secteur des services à la personne est à cet égard l’un des plus porteurs. Il s’agit "d’ouvrir des métiers" tout en étant capable de "s’adapter en période de récession".
La lutte contre l’immigration illégale constitue le second pilier du Pacte. Cela signifie "la fin des régulations massives", que plusieurs pays européens avaient déjà pratiquées comme la France, l’Italie ou l’Espagne. Seules demeurent donc les régularisations au cas par cas. Pour les étrangers en situation irrégulière, "les reconduites sont indispensables pour ne pas générer de faux espoirs".
La France a mis en place un dispositif de retour volontaire, avec le souci de ne "pas humilier les immigrés". De 7 % en 2006, les retours volontaires sont passés à 33 % en 2008. Ce dispositif s’appuie sur un dialogue avec les pays source. Cette concertation est indispensable et directement liée à la question du développement. La Conférence euro-africaine sur la migration et le développement qui s’est tenue le 25 novembre à Paris, a mis en évidence le fait que, tous les pays européens, par leur présence massive à cette réunion, se préoccupent de ce continent même s’ils n’ont pas de relations historiques traditionnelles avec l’Afrique. Les pays d’Europe et les 30 pays d’Afrique présents sont convenus du lien est étroit entre migration et développement.
La définition d’une politique d’asile commune en Europe
S’agissant de l’asile, Brice Hortefeux a rappelé que le but restait de "protéger celui qui ne l’est pas dans son pays". Se référant à la conférence européenne sur l’asile, organisée par la Présidence française les 8 et 9 septembre 2008, le ministre a souligné qu’il existait des différences importantes entre les pays constituant depuis toujours une destination pour les demandeurs d’asile, comme la France, ceux qui comme Chypre ou Malte se trouvaient submergés par les demandes d’asile depuis peu, et les pays de l’Europe centrale et orientale qui étaient moins sollicités jusqu’à présent. Tout ceci rend très complexe la mise sur pied d’une politique d’asile commune en Europe. Pour autant, un pas important sera franchi dès l’année prochaine avec la création d’un bureau d’appui à Bruxelles devant réunir les informations nécessaires pour la gestion des demandes dans les différents États membres.
La Présidence suédoise va faire de cette question de l’asile l’une de ses priorités.
Concluant sur l’esprit du Pacte européen sur l’immigration, Brice Hortefeux a affirmé que l’immigration est "une composante essentielle de notre identité" et qu’il ne s’agit "de construire ni une Europe forteresse, ni une Europe passoire".
Vers les élections de juin 2009 au Parlement européen
Député européen de 1999 à 2005, aujourd’hui chargé par le Président de la République d’organiser les élections européennes au sein de l’UMP, Brice Hortefeux a livré son expérience des campagnes électorales européenne en admettant que "le message européen n’est pas facile à faire passer". Toutefois, le principal acquis de la Présidence française a été de "faire évoluer la perception de l’Europe, d’une Europe qui inquiète à une Europe qui protège".
"L’Europe qui protège", ce sera donc pour l’UMP le thème central des élections de juin 2009.
Pour approfondir
Lire l’article d’Euractiv.fr publié suite à la rencontre du Cercle : L’Europe qui protège sera au cœur de la campagne des européennes de l’UMP
Retrouver également une série d’articles sur le Pacte européen sur l’immigration.
Le Président de la Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH), Jean-Paul Costa, était l’invité des Rencontres du Cercle des Européens - L’Express, le 20 mai 2010. Présentant les forces et faiblesses de "la Cour de Strasbourg", Jean-Paul Costa a expliqué qu’après 60 ans d’existence, celle-ci se trouvait à un tournant de son histoire. Parmi les priorités du Président se trouve la "lutte contre l’engorgement de la Cour. Il a de ce point de vue présenté le processus de réforme engagé lors de la conférence d’Interlaken. Le Président Costa en enfin éclairé les enjeux de la ratification par l’UE de la Convention européenne des droits de l’Homme, qui malgré les obstacles à surmonter, marque "la construction d’un espace juridique européen".
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Député européen depuis 1994 et ancien Président du groupe ADLE, Graham Watson, était l’invité des rencontres du Cercle des Européens, le 15 avril 2010. Il a décrit un Parlement européen qui fort des nouveaux pouvoirs conférés par le traité de Lisbonne, "est aujourd’hui plus responsable". Graham Watson a ainsi éclairé les enjeux de "la bagarre" autour du Service européen d’action extérieure. Voyant dans le développement des énergies renouvelables, "la prochaine grande idée pour l’Europe", le Député a estimé que l’UE devait continuer seule à "décarboniser son économie". A l’approche des élections britanniques et après le retrait des conservateurs du groupe PPE, Graham Watson a fait part de son "inquiétude" quant à l’évolution de la politique européenne de son pays.
15 avril 2010
Ancien Ministre des Finances et Président de la Banque centrale de Pologne, Leszek Balcerowicz était l’invité des rencontres du Cercle des Européens, le 11 mars 2010. En plein débat sur les déficits au sein de la zone euro et sur les conditions de la reprise économique, il a appelé à la mise en œuvre de "politiques crédibles de consolidation des finances publiques", pointant du doigt l’échec des politiques macro-économiques comme la véritable cause de la crise. Dressant le bilan de la transition économique des anciens pays du bloc communiste, il s’est livré à un plaidoyer en faveur du capitalisme et des réformes. Membre du comité de Larosière, il a souligné les grands enjeux de la régulation financière.
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